(Actualisé en fin de dépêche avec résultat des discussions)
par Saurabh Sharma et Aftab Ahmed
Le ministre indien de l'Education, Dharmendra Pradhan, a annoncé samedi sa démission, une victoire majeure pour les jeunes manifestants du mouvement des "Cafards" qui réclamaient son départ depuis juin à la suite d'une fraude aux examens.
"Nous l'avons fait!" s'est écrié le fondateur du Parti du peuple des Cafards (Cockroach Janta Party), Abhijeet Dipke, sous les applaudissements d'une foule de protestataires réunie sur le site du Jantar Mantar de New Delhi.
Né en mai dernier sur Internet, où il rassemble des dizaines de millions d'abonnés sur les réseaux sociaux, reflétant les inquiétudes et les frustrations d'une "génération Z" de trentenaires fortement affectés par le chômage et le coût de la vie, le Cockroach Janta Party a choisi son nom en ironisant sur des propos du président de la Cour suprême Surya Kant comparant les chômeurs à des "cafards".
Depuis juin, le mouvement dénonce des fuites à répétition de sujets d'examens de concours mais la colère bout depuis que la contestation a basculé lundi en confrontation entre manifestants et forces de l'ordre qui ont repoussé violemment les jeunes protestataires qui marchaient vers le Parlement.
Dans un message posté en ligne, le ministre de l'Education, Dharmendra Pradhan, a annoncé avoir présenté sa démission au Premier ministre [Narendra Modi] "compte tenu de la situation qui s'est créée à Jantar Mantar et dans tout le pays, afin que les forces antinationales n'en profitent pas".
L'annonce de sa démission a coïncidé avec de nouvelles échauffourées entre manifestants et policiers, qui ont tiré des gaz lacrymogènes quelques heures avant une rencontre entre les leaders du mouvement et des membres du gouvernement.
A l'issue de ces discussions, les dirigeants du mouvement ont déclaré avoir accepté de mettre fin à leurs manifestations, après avoir également obtenu l'abandon des poursuites policières contre les manifestants et des dédommagements pour les proches d'étudiants s'étant donné la mort sous la pression des examens.
(Jean-Stéphane Brosse pour la version française)

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